Problèmes de banlieue : agir très vite...
Violences urbaines : récit d’un désastre annoncé.Comment en est-on arrivé à de telles extrémités de violences dans les quartiers difficiles ou non.
Après les événements qui se sont déroulés dans les banlieues françaises en novembre dernier, Le Bulletin des Communes a contacté plusieurs représentants de l’état et des collectivités, d’opinions politiques et de fonctions différentes. Christian Poncelet, président du Sénat, Jean-Paul Huchon, président de la Région Ile-de-France, André Laignel, maire d’Issoudun et secrétaire général de l’Association des maires de France et Pierre Cardo, député-maire de Chanteloup-les-Vignes sont parvenus à deux consensus : il est urgent d’agir et d’appliquer la loi SRU.
Violences urbaines : récit d’un désastre annoncé.Comment en est-on arrivé à de telles extrémités de violences dans les quartiers difficiles ou non (le XVIIe arrondissement de Paris a subi son lot de voitures brûlées) ?
Retour sur un drame en cinq actes.
Le déclencheur de ces événements est le décès de deux adolescents par électrocution dans l’enceinte d’un transformateur électrique. Le lieu : Clichy-sous-Bois, ville de Seine Saint-Denis (93) dans la région Ile-de-France. La date : le 27 octobre 2005. Premier acte : les deux jeunes gens, poursuivis ou non par la police, ont trouvé là un funeste refuge. Ils n’en ressortiront jamais. Des violences débutent alors dans les cités; les jeunes s’attaquent aux sapeurs-pompiers de Paris et aux forces de l’ordre. Deuxième acte : une grenade à gaz est, pour des raisons inconnues, lancée dans -ou à proximité - d’une mosquée de Clichy-sous-Bois alors que les Musulmans sont en pleine prière et en mois de Ramadan. Troisième acte : à partir du 1er novembre, le conflit sort de Clichy-sous-Bois. La situation violente se propage à de nombreuses banlieues françaises. Des pics sont atteints, comme entre le 6 et le 7 novembre 1 408 véhicules brûlés sur l’ensemble du territoire. Quatrième acte : le 8 novembre, l’état d’urgence est promulgué. Cinquième acte : le 17 novembre, faisant le bilan de 98 voitures brûlées, la police nationale annonce un “retour à la situation normale”. On comptabilise un total de 9 193 véhicules incendiés, 2 921 interpellations et 56 policiers blessés (ministère de l’intérieur). Ziad Benna (17 ans) et Bouna Traoré (15 ans)
L’analyse du chef de l’exécutif :
Le 14 novembre 2005 à 20 heures, Jacques Chirac prend solennellement la parole lors d’une allocution télévisuelle. Si les premiers jours, les émeutes de banlieues étaient durement qualifiées et fustigées par certains élus, le Chef de l’État a incarné un changement d’analyse. Cette véritable évolution a pu être constatée... par plus de vingt millions de téléspectateurs.“Tous fils et filles de la République”, “Cette situation grave témoigne d’une crise de sens, une crise de repères, une crise d’identité, à laquelle nous répondrons en étant fermes, en étant justes, en étant fidèles aux valeurs de la France (...) Ces événements témoignent d’un malaise profond. (...) Les enfants, les adolescents ont besoin de valeurs, de repères. Les familles doivent prendre toute leur responsabilité. (...) Celles qui s’y refusent doivent être sanctionnées. Celles qui connaissent de grandes difficultés doivent, en revanche, être activement soutenues. (...) Il faut donner à tous les jeunes les mêmes chances face à l’emploi. (...) Ce qui est en jeu c’est le respect de la loi mais aussi la réussite de notre politique d’intégration. (...) Je veux dire à tous les enfants qui vivent dans les quartiers difficiles que, quelle que soit leur origine, ils sont toutes et tous les fils et les filles de la République. (...) Nous ne construirons rien de durable sans assumer la diversité de la société française. Les Françaises et les Français, particulièrement les plus jeunes, doivent être fiers d’appartenir à une nation qui fait siens les principes d’égalité et de solidarité....”
De nombreuses actions ont été annoncées, notamment la prise en compte du mal-être des Français des banlieues au sein d’une société percluse de chômage, le désastre de la carte scolaire, les discriminations officieuses ethniques et territoriales et les non-dits ; nombreux sont les élus qui, ouvertement ou non, craignent le retour de violences similaires. Impossible pour l’heure de dire si elles furent perçues comme un choc salutaire ou un épiphénomène. Mais aux élus et aux dirigeants de montrer leurs compétences et de donner les réponses appropriées pour éviter un nouvel épisode de ce drame en cinq actes.
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